béqueter


béqueter

1. becqueter [ bɛkte ] v. tr. <conjug. : 4> VAR. béqueter
• 1451; « critiquer » 1223; de bec
Piquer (qqch.) avec son bec pour se nourrir. picorer. « Un pivert becquetait un tronc » (Pourrat).

becqueter ou béqueter verbe transitif (de bec) En parlant d'un oiseau, piquer, saisir avec le bec : Becqueter des miettes de pain.becqueter ou béqueter (difficultés) verbe transitif (de bec) Orthographe Les deux graphies, becqueter et béqueter, sont admises. La première est plus courante. Conjugaison 1. Becqueter. Attention au redoublement de t devant e muet : il becquette, il becquettera, mais nous becquetons, il becquetait. . 2. Béqueter. Attention à l'alternance è/e : je béquète, il béquète, mais nous béquetons ; il béquètera ; il béquèterait ; qu'il béquète mais que nous béquetions. ● becqueter ou béqueter (homonymes) verbe transitif (de bec) becter verbe

béqueter
v. tr. V. becqueter.
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becqueter ou béqueter
v. tr. Piquer à coups de bec. Les oiseaux ont becqueté ces fruits. Syn. picorer.

⇒BECQUETER, BÉQUETER, BECTER, verbe trans.
A.— Emploi trans.
1. [Le suj. désigne un oiseau] Frapper plus ou moins fortement (qqn ou qqc.) à coups de bec répétés, soit comme marque d'amitié ou d'hostilité, soit pour chercher la nourriture; prendre par becquées. Becqueter le grain, des miettes, becqueter les mains :
1. Un pivert qui becquetait un tronc, était seul avec eux sous le soleil de ce côté de la montagne.
POURRAT, Gaspard des montagnes, La Tour du Levant, 1931, p. 122.
Emploi abs. (cf. CUVIER, Leçons d'anat. comp., t. 1, 1805, p. 496; BARBIER, Iambes et poèmes, Iambes, 1840, p. 51).
Rem. On rencontre dans la docum. le néol. d'aut. becquetant, ante, adj. (F. FABRE, Le Roman d'un peintre, 1878, p. 203; suff. -ant, -ante). Qui becquète.
P. métaph. Tourmenter :
2. Pour une âme pieuse, n'était-ce pas un crime que cette pensée qui lui becquète toujours le cœur?
Balzac ds Lar. 19e, 1866.
Spéc., FAUCONN. (Ac. Compl. 1842, BESCH. 1845, etc.). V. becquer A 1.
2. Fam., parfois arg., au fig. [Le suj. désigne une pers., une chose abstr. se rapportant à une pers., etc.]
a) Frapper comme à coups de bec. Becqueter qqc. avec/de l'ongle (HUGO, Les Misérables, t. 2, 1862, p. 720; POURRAT, Gaspard des montagnes, À la belle bergère, 1925, p. 28).
P. ext. Mettre la main sur :
3. ... il calcula (...) que quelquefois encore il pourrait se glisser furtivement dans l'étude, butiner encore par-ci, par-là, comme l'abeille matinale, becqueter une vente, comme un passereau un fruit mûr...
SOULIÉ, Les Mémoires du diable, t. 2, 1837, p. 65.
SP. Becqueter de l'aile. Prendre appui momentanément et frauduleusement contre l'aile d'une voiture, dans une course cycliste :
4. On sait aussi que, dans la grosse majorité des courses sur route de second ordre — des épreuves régionales surtout — certains concurrents peu scrupuleux ou mal armés contre le démon tentateur, « becquètent de l'aile » tant soit peu!
Pédale, 7 sept. 1927, p. 6, col. 1.
b) Manger. Becqueter des clarinettes, des clopes, du bois (ESN. Poilu 1919, p. 117). Ne rien manger :
5. ... nous entourons notre cuistot et son aide, qui ont posé leur charge. Avidement on découvre les plats. — Qu'est-ce qu'il y a à becqueter? Tout le monde à la fois interroge Bouffioux qui s'éponge.
DORGELÈS, Les Croix de bois, 1919, p. 78.
Emploi abs. (cf. ZOLA, L'Assommoir, 1877, p. 769).
c) Embrasser :
6. Elle [Marthe] tournait le cou et se coulait contre lui [Charles] (...) jusqu'à ce que, (...), les mains derrière le dos, elle lui tendît sa toute petite bouche en une moue charmante, et lui livrât avec la fraise ses lèvres pour être becquetées...
E. et J. DE GONCOURT, Charles Demailly, 1860, p. 220.
d) Arg. Dire. Abs., parler (ESN. 1966); cf. aussi ,,imiter la voix de la chèvre`` (BESCH. 1845) (cf. aussi :becquer B 1).
Loc. fig. Becqueter à tous les râteliers (var. iron. de manger à tous les râteliers). ,,Accepter de tous les côtés`` (SANDRY-CARR. 1963). Se becqueter le nez. ,,Se battre`` (ROB.); ,,manger (au fig.), dépenser`` (ESN. Poilu 1919). Je me suis bien fait becqueter. ,,Caresser lingualement`` (SANDRY-CARR. 1963).
B.— Emploi pronom.
1. [En parlant d'oiseaux]
a) ,,Se battre à coups de bec, comme font les coqs`` (Ac. 1798-1878).
b) Se caresser avec le bec :
7. Kobus, en remontant la côte en face, aperçut deux ou trois couples de tourterelles des bois, qui filaient deux à deux le long des roches grises de la Hoûpe, et se becquetaient sur les corniches, la queue en éventail.
ERCKMANN-CHATRIAN, L'Ami Fritz, 1864, p. 40.
P. ext. :
8. ... ils [les animalcules] contournent les obstacles, changent brusquement de direction, se flairent et se becquettent.
J. ROSTAND, La Genèse de la vie, 1943, p. 53.
2. Au fig., fam. [En parlant de pers.] S'embrasser à plusieurs reprises :
9. ... j'aurais seulement voulu qu'il puisse voir (...) l'abandon dans lequel on nous laisse pendant des heures, quand nos deux institutrices sont là-haut à se becqueter...
COLETTE, Claudine à l'école, 1900, p. 150.
P. anal. ,,Se joindre`` (Lar. 19e, Nouv. Lar. ill.) :
10. ... je ne suis pas poète, (...) je n'ai point l'esprit assez galant pour faire se becqueter deux rimes au bout d'une idée.
HUGO, Lucrèce Borgia, 1833, III, 1, p. 158.
PRONONC. ET ORTH. :[()te]. Pour la répartition des graph. becqueter, béqueter dans les dict., cf. becquée. Cf. aussi BUBEN 1935, § 146. Fait partie des verbes qui changent l'e muet en [] ouvert (è accent grave) devant syll. muette : becquète, becquèterai. Au sens de « manger » la prononc. la plus courante des formes conjuguées est [] (je, tu, il(s)) dont la graphie correspondante est becter. Par ex. cf. A. BRUANT, Dict. fr.-arg., 1905, p. 303, 304; A. LE BRETON, Du Rififi chez les hommes, 1953, p. 214; ,,Les truands français ne bectent pas de ce pain-là [le chantage par rapt d'enfant]``; A. LE BRETON, Razzia sur la Chnouf, 1954, p. 69.
ÉTYMOL. ET HIST. — 1. a) 1223 « critiquer » (G. DE COINCY, Mir. Vierge, éd. Poquet, 271, 465 dans T.-L. : Adès i treuvent à redire, Et adès les vont biquetant) — XVIe s. dans HUG.; av. 1590 « tourmenter » (DU BARTAS, 2e Semaine, 1er Jour, les Furies, p. 90, Ibid. : [...] un avare soin nous becquette sans cesse), attest. isolée; réapparaît au début du XIXe s., supra ex. 2; 1866 « se moquer » (HUGO, Travaill. de la Mer, I, 3, 13 dans ROB. : [Déruchette] jouait avec tout. Son espièglerie becquetait les passants. Elle faisait des malices aux garçons); b) 1915 pop. « dire, parler » (cité dans ESN. : Qu'est-ce qu'elle a becqueté); 2. a) 1451 « mordiller, donner des coups de bec » (G. ALEXIS, 1, 40 dans QUEM. : Or luy laisse son frain mascher Et becqueter comme ung malart); b) 1690 fauconn. becqueter ou becher (FUR., s.v. becquer); d'ou c) 1707 pop. « manger, absorber » (Le Sage dans ESN. : Nos deùx oiseaux de proie — soupeuses galantes — recommencent à becqueter); forme béqueter 1914, arg. des soldats, forme becter 1926, arg. des malfaiteurs (Ibid.); 1945 part. passé fém. substantivé becquetée « petite quantité de nourriture, bouchée » (Ibid.).
Dér. de bec; suff. -eter.
STAT. — Fréq. abs. littér. :111.
DÉR. 1. Becqueté, ée, béqueté, ée, part. passé et subst. fém., arg. Petite quantité de nourriture, bouchée (cf. MARCUS, 15 fables célèbres, 1947, p. 6). 1re attest. 1945 (d'apr. ESN. 1966) ou 1947 id. Fréq. abs. littér. : 15. 2. Becquetoir, béquetoir, subst. masc., arg. Réfectoire (cf. J. GALTIER-BOISSIÈRE, P. DEVAUX, Dict. hist., étymol. et anecdotique d'arg., 1939, p. 20). 1re attest. 1880 id.; dér. de becqueter, suff. -oir.

Encyclopédie Universelle. 2012.

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